Les leaders de l'innovation

Jean-Philippe Deschamps, Pr de Technology et Innovation Management à l'IMD de Lausanne, intervenait ce matin dans le cadre de la journée organisée par PDMA France. Bravo aux organisateurs pour la qualité des interventions et des échanges !
Avec plus de 30 années passées à conseiller des entreprises dans les domaines de l'innovation (3M, Philips, Medtronics, Nestlé, Logitech...) et 12 années en tant qu'enseignant dans ce domaine, Jean-Philippe Deschamps a ce que l'on peut appeler une superbe hauteur de vue.

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Pour lui, la culture d'innovation de l'entreprise commence avant tout par son leader. Il nous a alors dressé le portrait d'un leader de l'innovation, en 6 traits :

1. Un mélange d'émotion et de réalisme
Une belle combinaison de cerveau droit (pour générer de nouvelles idées) et gauche (pour les mettre à exécution) dans la même personne.

2. Apprend de ses erreurs
Aux U.S. les venture capitalists financent de préférence ceux qui ont déjà échoué. Au moins, ils ont fait leurs erreurs sur l'argent des autres...
Ces leaders sont capables d'aider leurs équipes à positiver les échecs pour en tirer les leçons.

"Pourquoi faire deux fois la même erreur alors qu'il existe tant d'erreurs parmi lesquelles choisir"
Oscar Wilde

3. Le courage d'arrêter
Le discernement pour évaluer le moment où il faut s'arrêter... sans que ne soit négligée la persévérance de poursuivre contre vents et marées pour défendre ses convictions et ses rêves.

4. Capacité à composer et guider des équipes de virtuoses
Mais attention ! Des équipes de virtuoses en innovation ne se managent pas par le consensus mou. Au contraire, il faut instaurer une culture de "High Respect / High Conflict".
De la confrontation saine des idées nait la richesse des points de vue.

5. Ouverture aux idées et technologies externes
C'est par exemple une nécessité dans la Pharma où 50% des nouveaux produits des grands laboratoires proviennent des partenaires R&D

6. Passion pour la mission et pour l'innovation
Il suffit de penser à Steve Jobs. Jean-Philippe Deschamps cite également l'exemple de Camillo Pagano, ex-Chief Marketing Officer de Nestlé, à qui l'on doit Nespresso.
Le succès est aujourd'hui phénoménal, mais il faut savoir qu'il s'est battu pendant 18 années pour réussir à faire passer son innovation, à la rendre possible et à convaincre le boss de le suivre.

La conférence a également traité de l'alignement nécessaire entre stratégie d'innovation et profil de leader.
Pour faire très court :
- Pour une stratégie d'amélioration continue des produits, le profil adapté est celui d'un Coach, au sens entraîneur sportif, qui challenge, motive
- Pour une stratégie de nouveau produit ou service, il faut plus un Mentor, qui protège le noyau créatif des agressions externes, donne confiance et fait profiter de son expérience
- Pour une stratégie de nouveau modèle économique, un Architecte est recommandé, concepteur mais également organisateur, planificateur
- Pour une stratégie de nouvelle solution intégrée (avec partenaires extérieurs), c'est un Chef d'orchestre qui interprète les différents besoins, coordonne les diverses compétences et maintien le niveau d'exigence élevé

Bien évidemment, ces profils sont schématiques et JP Deschamps insiste sur le fait qu'il s'agit d'un continuum.

Le détail de son approche éclairée est disponible dans son livre : "Innovation Leaders"

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Posté par Olivier Piazza le juin 18, 2009 à 12:13 AM | Les leaders de l'innovation | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Créativité, Innovation, Leadership

Imaginer une rencontre c'est déjà la vivre

Les attitudes face à la diversité, dont la discrimination des "autres", reposent sur l'idée qu'"ils" sont différents de "nous". De nombreuses études ont montré que la fréquentation de ces "autres", en tant que voisin, collègue, ami, pouvait dissoudre cette animosité.

Dans une nouvelle étude, deux chercheurs en psychologie sociale, Rhiannon Turner et Richard Crisp, ont montré que le simple fait d'imaginer des relations positives avec des personnes différentes déclenchait un changement de comportement. Dans leur première expérience, des participants jeunes imaginaient une relation avec une personne âgée. Dans la deuxième, même protocole pour des participants non-musulmans qui imaginaient une relation avec un musulman.
Dans les deux cas, ces participants montraient une attitude plus positive envers ces personnes "autres", que dans le groupe contrôle.
Attention, ce n'est pas de penser à ces groupes de personnes différentes qui génère un changement mais le fait d'imaginer une relation positive avec une personne de ces groupes.

En conclusion : Imaginer des contacts avec des personnes diverses est une alternative intéressante à la rencontre directe, qui n'est pas toujours facile à mettre en oeuvre.
C'est ce qu'intuitivement nous avons mis en place chez Togeth'art lorsque nous interrogeons les personnes sur une expérience de relation avec une personne handicapée. Nous organisons le partage d'expériences ensuite pour que chacun puisse bénéficier de la richesse des expériences des autres. Nous considérons que la lecture de témoignages de la rencontre de personnes différentes est transformante.

Plus de détail sur le blog de BPS

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Posté par Olivier Piazza le juin 12, 2009 à 07:46 PM | Imaginer une rencontre c'est déjà la vivre | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Diversité, Intelligence émotionnelle

Apprendre à dire "j'ai eu tort"

"Apprendre à dire non" est depuis longtemps un grand classique des programmes de formation. C'est une des conditions clefs pour réussir à mieux gérer son temps, afin de retrouver le contrôle de la charge de travail entrante. C'est aussi un exercice d'assertivité incontournable pour les managers, qui doivent réussir à cadrer ou recadrer lorsque nécessaire.

On aurait pu imaginer que la suite serait logiquement "Apprendre à dire oui", mais il n'en est rien. Le oui attendra quelques années.
Pour l'heure, il est grand temps d'apprendre à dire "j'ai eu tort".
Avouez que ces mots sont rares dans la bouche des managers et des leaders et pourtant aucun processus de transformation n'est possible tant que l'on reste dans le déni.

Prenons l'actualité récente, avec le duel Bayrou/Cohn-Bendit. François Bayrou vient aujourd'hui de reconnaître son erreur. Facile, les résultats de vote ont été suffisamment explicites. Il a donc admis avoir manqué de maîtrise personnelle, se comparant au passage à Zidane... promis, nous parlerons de la modestie, une autre fois. Donc, une simple erreur sur la forme.
En revanche, M. Bayrou n'a en rien admis sa faute sur le fond, enfonçant le clou de ses principes qu'il ne cessera de défendre car c'est une question d'éthique personnelle...
Rien, non plus, sur la responsabilité qu'il porte vis-à-vis de l'ensemble des représentants du Modem dont certains ont pourtant eu les ailes européennes coupées par l'envolée fielleuse de Bayrou.
Je ne vous parle même pas de démission. Ce vocable n'a pas franchi les frontières de notre pays, bien que courant en Europe.
Il en est de même pour les sirènes du PS, dont le chant a cessé de charmer les électeurs. Ont-elles un seul instant envisagé de céder leur place ?

Mais revenons-en à nos moutons. L'incapacité à dire "j'ai eu tord" est également diagnostiquée comme une carence lourde des patrons américains. C'est en tout cas le constat de Rosabeth Moss Kanter qui enseigne le leadership à la prestigieuse Harvard Business School.
Elle cite sur son blog des exemples de ceux qui n'y arrivent pas assez : Alan Greenspan, Bill Clinton, le CEO de Samsung...
Et des exemples de ceux qui y sont arrivés : Kim Kilts, ex-patron de Gilette, Maurice Levy, patron de Publicis, lorsqu'il avait échoué dans son alliance avec True North aux USA.

Pourtant, sans lucidité sur ses erreurs, aucune possibilité de les corriger, de modifier ses plans, de restaurer la confiance et d'inspirer un nouvel élan.

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Posté par Olivier Piazza le juin 10, 2009 à 12:48 PM | Apprendre à dire "j'ai eu tort" | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Développement personnel, Leadership

Les 10 tares des mauvais Leaders

Dans un article de la Harvard Business Review, Jack Zenger et Joseph Folkman publient les résultats de l'étude des évaluations 360° de plus de 11.000 dirigeants et en particulier des 10% jugés les moins performants.
Le classement présente de manière décroissante les écarts les plus importants observés entre les leaders qui réussissent et ceux qui échouent :

1. Manque d'énergie et d'enthousiasme
Ils voient les initiatives comme un fardeau, sont rarement volontaires et redoutent d'être débordés. Ils tendent à aspirer l'énergie des autres.

2. Acceptent leur médiocre performance
Ils surestiment la difficulté que représente l'atteinte des objectifs, voire réduise son challenge, de telle sorte qu'ils peuvent jubiler quand ils l'atteignent

3. Manque d'une vision claire et de direction
Ils se focalisent sur l'exécution

4. Ont un jugement altéré
Ils prennent des décisions que leurs collègues et subordonnés ne considèrent pas comme n'étant pas dans l'intérêt de l'entreprise

5. Ne collaborent pas
Ils évitent leurs pairs, agissent indépendamment, considèrent les autres leaders comme des concurrents. En conséquence, ils ne bénéficient pas des idées de collègues compétents

6. Ne font pas ce qu'ils disent
Ils définissent des règles de comportements ou des attentes de performance et les violent. Ils sont perçus comme manquant d'intégrité

7. Résistent aux nouvelles idées
Ils rejettent les suggestions de collègues ou subordonnés. Les bonnes idées ne sont pas mises en place et l'organisation végète.

8. N'apprennent pas de leurs erreurs
Ils ne font pas forcément plus d'erreurs que les autres mais échouent dans leur utilisation comme source d'amélioration. Ils cachent leurs erreurs ou ruminent à leurs sujets à la place.

9. Manque de compétences interpersonnelles
Ils pechent pas excès et par défaut. Ils sont à la fois abrasifs, voire harceleurs, et inexistants, indisponibles et rechignent à féliciter les autres

10. Ne développent pas les autres
Ils se concentrent sur eux-mêmes au lieu de développer les subordonnés, provoquant leur désengagement individuel puis collectif.

Chaque mauvais leader a au moins une de ses tares, voire plusieurs.
En avez-vous déjà croisés... ?

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Posté par Olivier Piazza le juin 7, 2009 à 11:32 PM | Les 10 tares des mauvais Leaders | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Leadership

La marque personnelle

Hier, nous avions un nom.
Aujourd'hui, nous avons une marque personnelle.
Prions pour que demain nous ne soyons pas des déchets industriels... !

Tout est consommation, marketing, vente, y compris de soi-même. L'employabilité n'est jamais que la valeur marchande d'une personne sur le marché du travail, le marché de la consommation des ressources humaines.
Cette évolution rapide est le fruit de l'essor successif de l'internet, de Google, des blogs et autres outils de publication, des réseaux sociaux (twitter étant le dernier phénomène).
Tout est là, accessible : qui vous êtes, votre parcours professionnel, vos amis, vos goûts, vos photos... Que vous le veuillez ou non, Internet livre votre image et vous sort de l'anonymat. Internet est devenu le media people !
Option 1 : vous laissez faire, par flemme, par négligence, par choix ou par ignorance
Option 2 : vous modelez cette image. C'est la raison d'être du marketing personnel.

Personnellement, je suis plutôt du premier clan, une sorte de naïf qui croit que si mes écrits et interventions sont authentiques et reflètent fidèlement qui je suis, alors l'image qui s'en dégagera exprimera ma personnalité.
Ce que je redoute le plus dans la deuxième option, c'est l'instrumentalisation, la manipulation de l'ego. Attention, sables mouvants.
Néanmoins, ces pièges peuvent être évités.
S'interroger sur la place que l'on veut occuper dans la société, sur l'expertise que l'on souhaite développer sur le long terme, sont des interrogations existentielles qui ne sont pas nées du marketing personnel mais qui peuvent en découler.
Affirmer son identité, son particularisme, reconnaître ses spécificités est un excellent exercice de connaissance de soi et d'assertivité. Il y a du bon dans la démarche, si elle est entreprise dans une bonne intention.
C'est ce que propose Gilles Noblet dans son nouveau livre "Développer sa marque personnelle". sur la base d'un modèle en cinq étapes :
- Savoir : découvrir sa signature de marque
- Savoir Faire : incarner sa signature de marque
- Savoir Dire : animer sa signature de marque
- Savoir Être : honorer sa signature de marque
- Savoir Devenir : pérenniser sa signature de marque

L'approche est très claire, sincère et aborde ce sujet difficile sous un angle humaniste et vertueux. Une lecture conseillée. pour qui souhaite basculer de l'approche recherche d'emploi à celle de l'offre de services.

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Posté par Olivier Piazza le juin 5, 2009 à 11:38 PM | La marque personnelle | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Développement personnel, Réseaux sociaux

L'infantilisation de la société au Forum Modernités

L'infantilisation de la société était le thème de la soirée OFF organisée par le Forum Modernités au Théâtre du Rond-Point. J'y allais avec curiosité et enthousiasme, pour la thématique bien sûr mais aussi pour le format original de ces soirées.

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Le contenu, conçu en partenariat avec la nouvelle et excellente revue Ravages, était dense et stimulant, l'animation étant assurée par Philippe Lemoine, Président du Forum Modernités et PDG de Laser (en photo à côté de Mickey)

Alors que signifie cette infantilisation de la société ?
L'inspirateur de ce thème est Benjamin Barber, éminent politologue américain, qui a publié en 2007 "Comment le capitalisme nous infantilise". Il y démontre comment la société s'est organisée pour décider à la place de citoyens. Les programmes TV ciblés pour les petits bébés les familiarisent très tôt à consommer de la télé. Lorsqu'ils grandissent ils deviennent la cible des messages publicitaires destinés à leur créer des besoins qu'ils n'ont pas. Plus tard, lors de l'adolescence, leur quête d'identité passera par l'affirmation du choix de leurs marques fétiches.
Progressivement une chape de non-pensée s'insinue et docilise le consommateur.
A tel point que le modèle dominant devient celui de l'adolescent. Il faut avoir un corps d'adolescent toute sa vie, ce contre quoi Paul Virilio s'insurge : "Faire du jeune le modèle du vieux, c'est une plaisanterie !"
Mais l'infantilisation ne s'arrête pas là. La réalité des marchés financiers s'est transformée en un jeu. Comme dans un Monopoly géant, les traders des salles de marché misent à tout va et touchent 20.000 en passant la case départ... à moins qu'ils n'aillent en prison !
Le court terme, le tout tout de suite est un symptôme de l'enfant. En revanche, la démocratie ne peut qu'être lente, par nature.

Mais rassurez-vous, si vous ne savez pas comment faire alors il vous reste à prendre un coach. Aujourd'hui, vous devez tout gérer, le temps, les autres, le destin, les relations... Il faut tout contrôler. Le coach devient la nouvelle autorité, parce qu'il sait comment il faut faire. Michela Marzano souligne le danger de conformisation, la mise en conformités des individus afin qu'ils réussissent. Tout le monde doit réussir. L'homme n'est plus qu'une somme de compétences.

De toute façon, coach ou pas, nos journées sont rythmées par les injonctions : mangez cinq fruits et légumes par jour, faites du sport, ne mangez ni trop sucré, ni trop salé...
Ou comme le dit Christophe Aleveque : "N'utilisez plus votre voiture. Mais continuez à en acheter."

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Ces quelques évocations illustrent la qualité des débats, mais je ne serais pas fidèle à la soirée si j'omettais de parler des nombreuses performances artistiques qui ont jalonnée la soirée, sous le pilotage du maître, Jean-Michel Ribes (cf photo).
Mon palmarès : Ezra, fabuleux beat boxer, Much, speed painter de talent (cf photo du tableau de Mickey), Christophe Aleveque et son humour cinglant et, en final, les Acrostiches (dernière photo)

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Conclusion : De la nourriture pour la maturation de notreintellect tout en préservant nos âmes d'enfants...
Surveillez l'agenda des prochaines soirées, vous ne regretterez pas votre participation !

PS : N'hésitez pas à acheter le n°2 de la revue Ravages. Il est entièrement consacré à ce sujet, avec des articles des intervenants de la soirée et bien plus encore. Pour ne rien gâcher la maquette est superbe.

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Posté par Olivier Piazza le juin 5, 2009 à 12:09 AM | L'infantilisation de la société au Forum Modernités | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Forum Modernités, Mobilisation

25 heures de Twin Peaks

C'est le temps que j'ai passé à visionner l'ensemble des 30 épisodes de la série culte... avec délectation.
A ma grande joie, mes enfants ont immédiatement mordu à l'hameçon et je n'ai pas eu à accomplir ce long périple seul ;-)

Red Room

Pour la petite anecdote, lorsque Twin Peaks avait été diffusé sur nos chaînes françaises en 1991, j'assurais des gardes de nuit dans une clinique vétérinaire de la banlieue parisienne.
Ce contexte très particulier avait deux conséquences : je n'appréciais guère les interruptions de mes visiteurs nocturnes, comme vous l'imaginez... et les irruptions de Bob et autres terreurs avaient le chic pour me coller une angoisse assez redoutable, la nuit dans une grande clinique isolée, seul... ou presque, puisque j'avais en général quelques pensionnaires canins ou félins dont je devais aussi assurer les soins nocturnes...

Avec le recul, j'ai plus apprécié encore l'épaisseur des personnages et du scénario. J'y ai reconnu la technique redoutablement addictive qui veut que chaque épisode se termine par l'amorce de l'épisode suivant, que le pauvre téléspectateur que j'étais à l'époque devait attendre une semaine pour découvrir. Torture psychologique !
Comme souvent dans le monde de Lynch, chaque épisode comporte suffisamment d'irrationnel pour que le spectateur puisse y projeter son inconscient personnel ou collectif. Ceci dit, le plus énigmatique est certainement la descente aux enfers de Dale Cooper, dans le dernier épisode, tel Orphée qui y recherche son défunt amour.

A quel moment Cooper, le sage, le mystique, le poète, a-t-il commis une faute ? nous sommes-nous demandés en famille...
Si l'on recolle les morceaux, la salle d'attente de la chambre rouge conduisait potentiellement aussi bien au Monde Blanc qu'au Monde Noir, dont l'amour et la peur ouvraient respectivement les portes, selon les dires du Major Briggs.
L'agent Dale Cooper a-t-il manqué de maturité dans ces instants, au point d'en oublier l'amour qui l'y avait conduit ?
Souvenons-nous que dans le premier rêve où il s'était vu dans la chambre rouge, l'agent Cooper était vieilli.
Il me semble que l'erreur se situe précisément lorsqu'une tasse de café lui est servie par le serveur papi de l'hôtel du Grand Nord.
Au lieu de la boire comme il l'aurait fait naturellement, lui le grand fan de café, observe la tasse, l'incline, puis la renverse. L'agent Cooper a peur de le boire. Alors s'écoule un liquide noir visqueux, de l'huile de moteur, que Cooper avait identifié comme l'une des clefs du Monde Noir. A partir de ce moment-là, les flammes embrasent la chambre rouge, Cooper ouvre la mauvaise porte et ne peut retrouver son amour, Annie, si pure. Lorsqu'il croit la voir, ce n'est pas elle, seulement une illusion trompeuse.

Finalement, pour conclure à la manière de Windom Earle : tout ce que j'ai découvert, comme Christophe Colomb, c'est que je suis perdu ;-)

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Posté par Olivier Piazza le juin 3, 2009 à 12:43 AM | 25 heures de Twin Peaks | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Cinéma, David Lynch

Leçons de coaching sportif

Jeudi soir se tenait, dans le superbe auditorium de la Fédération Française de Football, une conférence organisée conjointement par l'ANDRH et l'Association des anciens HEC : Manager dans la tempête et préparer l'avenir, en prenant modèle sur le monde du sport.

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Les orateurs étaient, de gauche à droite sur la photo : Claude Onesta, coach et sélectionneur de l'équipe de France de Hand-Ball, le plus gros palmarès du sport collectif (Champion du monde, Olympique et d'Europe), Jacques Barthélémy, avocat spécialiste du sport, Alain Cayzac, co-fondateur d'EuroRSCG et ex-Président du PSG, Yves Le Bihan, consultant, Marc Lièvremont, coach et sélectionneur du XV de France, Philippe Bobin, ancien champion de Décathlon et Directeur du Développement des Ressources Humaines de Rhodia.

J'ai pris quelques notes et vous livre ici les interventions qui ont retenu mon attention :
- Chez Rhodia qui traversait une période difficile il y a quelques années, le déblocage de l'intelligence collective a opéré lorsque la compétence "Coopération" a été mise en avant, encouragée, évaluée, qu'elle est devenue un pilier de la culture de l'entreprise.
- "La performance est d'abord individuelle. Le collectif n'a jamais sauvé les défaillances individuelles. C'est d'abord parce qu'on est performant individuellement qu'on réussit collectivement. Le groupe noie les responsabilités" - Claude Onesta
- Un coach doit aimer ses joueurs, mais ne doit pas vouloir se faire aimer, ont affirmé en coeur Marc Lièvremont et Claude Onesta. Certaines décisions impopulaires doivent être prises, comme par exemple le fait de ne pas retenir un joueur sur la feuille de match ou de dire franchement ce qui doit l'être.
- La confiance en soi est clef pour la performance individuelle. Philippe Bobin raconte deux anecdotes du monde de l'athlétisme. Jean Galfione, au tournoi de Paris en 1998, alors qu'il était en excellente forme physique, ne réussit à passer que 5,50m au saut à la perche. Il va voir son entraîneur Maurice Houvion et lui dit qu'il ne sait plus s'il doit continuer la perche. Houvion lui dit simplement de prendre une feuille de papier, de tirer un trait au milieu et de placer d'un côté tout ce qui est positif pour lui dans la pratique du saut à la perche et de l'autre ce qui est négatif. Le lendemain, l'exercice accompli, Galfione voit Houvion. La colonne positive dépasse largement la négative. Il décide de continuer. Houvion lui propose alors de participer au tournoi d'Annecy qui a lieu 3 jours plus tard. Galfione accepte, y participe et réalise 5,98m, qui est toujours la meilleure performance française.
Même bonhomme, même forme physique, mental différent. Galfione avait retrouvé son "esprit de conquête".
L'autre anecdote concerne Marie-Jo Perec aux J.O d'Atlanta. Elle a déjà remporté le 400m et participe au 200m. La veille de la finale, Marie-Jo doute. Elle voit son coach et lui dit que ça ne sert à rien de participer à cette finale, qu'il y a au moins 5 coureuses qui vont plus vite sur 100m. Elle souhaite lâcher l'éponge. Son coach lui dit simplement qu'effectivement, à la sortie du 100, elle sera certainement 5ème mais que les autres seront épuisées alors que Marie-Jo pourra tenir la distance. Le lendemain, Marie-Jo est bien 5ème dans le virage. Elle se souvient alors des mots de son coach et gagne la finale. Un doublé historique.
- Pour diriger les joueurs, l'empathie est essentielle, selon Claude Onesta. "Chaque joueur est un émetteur. Plus je suis réceptif aux signaux, plus je peux anticiper et être en avance sur les événements"
L'entraîneur est toujours à contre-courant. En cas de défaite, il doit avoir l'énergie de remonter le moral des joueurs, pensant déjà au prochain match. En cas de victoire, il doit maintenir la tension et l'agressivité des joueurs.
- "Dans un match, il arrive un moment où l'irrationnel est la seule solution", pour Claude Onesta. C'est ce que peut apporter un joueur de génie. Il faut alors accepter tous ses éclats de génie, aussi bien ceux qui peuvent faire gagner que ceux qui peuvent faire perdre. "L'entraîneur qui veut tout contrôler, tour maîtriser ne saura pas prendre de risques"
- Je finis par ces quelques mots de Claude Onesta, toujours aussi brillant : "Dans les entreprises, vous cherchez la dynamique collective alors que tous les critères d'évaluation sont individuels. Celui qui créé du lien a un rôle clef. Si je faisais l'évaluation de mes joueurs au but marqué, il n'y aurait plus un seule passe... et plus de but marqués !"

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Posté par Olivier Piazza le juin 1, 2009 à 11:02 PM | Leçons de coaching sportif | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Dynamique humaine, Leadership, Mobilisation, Sports

Flagrant délit mémétique

J'assistais ce matin à un petit déjeuner organisé par de prestigieux cabinets d'avocats sur le thème "Développement durable dans l'entreprise : stratégie pour temps de crise".
Le plateau d'experts était très relevé mais si j'évoque ce sujet c'est pour parler d'un même que j'y ai croisé ce matin.
Un même, vous savez, simple code culturel transmissible d'une personne à l'autre par imitation, par appropriation ou toute autre forme d'ingestion. Pour les plus curieux, une visite sur le site de mes amis de la Société Francophone de Mémétique s'impose.


J'en reviens donc à ce même.
En début de conférence, Michèle Pappalardo, Commissaire générale au développement durable du gouvernement, expose la mise en oeuvre du Grenelle 1 puis du Grenelle 2 sans cacher son enthousiasme pour cette démarche innovante que l'on nous envie dans le monde entier. L'animateur la taquine sur son optimisme. Sa réponse du tac au tac : "l'optimisme n'empêche pas le réalisme !".
Les autres intervenants se succèdent puis c'est le tour de Patricia Savin, associée et co-fondatrice du Cabinet Savin Martinet Associés. Elle expose les impacts des nouvelles lois sur des secteurs particulièrement concernés, l'immobilier, l'industrie... A nouveau, le sujet de l'optimisme vient sur la table, à quoi elle répond sans tourner sa langue sept fois dans sa bouche : "l'optimisme n'empêche pas le réalisme !"

Flagrant délit !
Sous mes yeux ébahis, un même se goinfre, au beau milieu de ce petit déjeuner très huppé, ni vu ni connu, certainement un même squatteur. Il avait flairé le bon plan, à deux pas de l'Elysée, dans les salons cosy du Cercle de l'Union Interalliée. Je me suis demandé s'il avait accompli sa transmission en direct sous mes yeux, passant d'un cerveau douillet à l'autre en quelques instants mais j'ai plutôt opté pour l'hypothèse d'un même sectoriel. Un même qui a trouvé son écosystème et s'y développe harmonieusement. Le Développement durable est en effet un domaine où l'optimisme est un pré-requis. Sans espoir, à quoi bon tenter de changer le monde ?
Néanmoins, les menaces que font peser sur la planète nos modes de vie et de consommation requièrent une prise de conscience aiguë de la situation difficile que nous connaissons et des nombreuses entraves qui freinent nos changements. Du réalisme quoi.
Le terrain était là, il ne restait plus à ce même qu'à s'y implanter pour proliférer.

Ce n'est pas sans me rappeler les recommandations pratiques des stoîciens, Marc-Aurèle par exemple, qui conseillent de disposer d'un stock de citations en tête ou dans un livret facilement accessible, pour les convoquer en temps utile. Si l'on vous agresse et que vous êtes blessé, convoquez par exemple ces mots d'Epictète :
"Souviens-toi que ce n'est pas celui qui t'injurie ou te frappe qui t'outrage, mais le jugement par lequel tu t'estimes outragé"

Les citations agissent comme des mêmes délibérément acceptés, voire sélectionnés, par la personne pour qu'elle l'influence à agir dans la bonne voie. C'est un exemple de même symbiotique.

Mais puisque je parle de stoïcisme, je dois céder à l'envie de vous transmettre cette citation de Ciceron évoquée par Emmanuel Lulin, Directeur de l'Ethique chez L'Oréal, également intervenant de cette matinée :

"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on n'ose pas, c'est parce qu'on n'ose pas qu'elles sont difficiles"

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Posté par Olivier Piazza le mai 26, 2009 à 11:30 PM | Flagrant délit mémétique | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Développement durable, Mémétique

La soupe du rapport Miviludes 2008

Depuis plusieurs années, je m'intéresse au rapport d'activité annuel publié par Miviludes, organisme officiel de lutte contre les mouvements sectaires. Les années passent et se ressemblent, à tel point que je suis de plus en plus consterné par l'inconsistance de ce rapport.
Aucune cohérence, aucune pédagogie, aucune clarté, aucune compréhension... Je suis effaré qu'un sujet aussi sérieux soit traité avec autant de désinvolture par les plus hautes sphères de l'état.
Je conseillerais vivement aux responsables de Miviludes de se plonger dans les actions et les rapports de la Halde. Ce sera plus simple, copiez-collez, vous gagnerez en efficacité. Dans le rapport de la Halde, les chiffres sont présentés clairement, classés par type de discrimination, avec des exemples concrets. La distinction est faite entre les dossiers soumis et les cas avérés de discrimination. Ensuite seulement sont envisagés les moyens de lutte, les actions de sensibilisation, pragmatiques, réelles, entreprises au cours de l'année.

Alors pour prendre conscience des énormités que l'on trouve dans ce rapport, j'en ai extrait quelques morceaux choisis :

Au sujet de la formation
La formation professionnelle doit concrètement servir à l’emploi et au poste de travail et/ou au développement des connaissances. C’est pourquoi les actions de développement personnel n’entrent généralement pas dans le champ de la formation professionnelle continue.

Au sujet du Satanisme
L’expression artistique de la culture satanique reste essentiellement musicale à travers la musique Black Metal qui connaît un succès grandissant auprès des jeunes. Certains d’entre eux, généralement fragilisés ou intellec- tuellement peu armés, adhèrent totalement à ce style musical et à l’idéologie qu’il véhicule.

Au sujet de la situation en Finlande (juste pour l'exemple, sinon rien de spécial dans ce pays !)
L’Église de scientologie a échoué en 1998 à se faire enregistrer comme « communauté religieuse » mais existe légalement comme simple « association ». Elle revendique un millier d’adhérents. L’essor des « nouveaux mouvements religieux » se situe très majoritairement dans la sphère protestante. Les organismes tels Sahaja Yoga, Hare Krishna, bouddhisme tibétain ou japonais, Bahaï, etc. , sont ultraminoritaires ; mais les « nouvelles spiritualités » sont moins marginales : anthroposophie, New Age, sociétés théosophiques, les disciples de Steiner qui gèrent un important réseau d’écoles, de crèches et d’institutions pour handicapés et disposent à Helsinki d’un centre de formation en pédagogie et en agriculture biodynamique. On constate aussi un certain intérêt pour le néopaganisme, souvent tourné vers la redécouverte des anciennes croyances finnoises, et le satanisme, qualifi é d’épiphénomène, réunissant une centaine d’individus tout au plus, la plupart mineurs.

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Posté par Olivier Piazza le mai 21, 2009 à 11:12 PM | La soupe du rapport Miviludes 2008 | Commentaires (4) | TrackBack (0) dans Développement personnel, Santé

William Blake, divin et diabolique

Il y a bien longtemps en Occident que la Science et son rejeton, le matérialisme, ont décapité mythologies et religions. Adieu grandes fresques où se jouent le sort de l'humanité, la lutte incessante entre sa noblesse et sa décadence. C'est ce que William Blake avait parfaitement anticipé et tenté de conjurer tout au long de son oeuvre transcendante, qui rayonne actuellement au Petit Palais, à Paris.

Blake s'est confronté aux épopées mythologiques, La Bible, le Livre de Job, Le Paradis Perdu de Milton, La Divine Comédie de Dante, travail malheureusement interrompu par sa mort, et bien sûr la création de sa mythologie personnelle, avec Orc, Urizen, Ahania...
On y retrouve l'expression de son alchimie personnelle, le mariage du ciel et de l'enfer, de l'innocence et de l'expérience, du corps et de l'âme, de l'énergie - Orc et de la raison - Urizen, dualités chères à Blake.

"Sans contraintes il n'est pas de progrès. Attraction et Répulsion, Raison et Energie, Amour et Haine, sont nécessaires à l'existence de l'homme."

Blake organise ainsi sa lutte contre le monothéisme émergeant des Lumières, celui de la Raison.

"Celui qui voit l'infini en toutes choses voit Dieu
Celui qui ne voit que leur rationalisation ne voit que lui-même"

Blake

Son illustration Europe, Ancient of Days, montre le Créateur armé du compas de Newton.

Je ne saurais vous quitter sans quelques uns de ses "Proverbes de l'Enfer" :

"Le chemin de l'excès mène au Palais de la sagesse"

"Evidence d'aujourd'hui, imagination d'hier"

"C'est avec les pierres de la Loi qu'on a construit les prisons et avec les briques de la religion, les bordels"

"La joie féconde, la douleur accouche"

"L'acte le plus sublime, c'est de placer un autre avant soi"

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Posté par Olivier Piazza le mai 20, 2009 à 12:02 AM | William Blake, divin et diabolique | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Coup de coeur

Apprendre la méditation avec Matthieu Ricard

Matthieu_Ricard 

Aujourd'hui se tenait à la Mutualité, à Paris, une journée de séminaire sur l'Art de la Méditation avec Matthieu Ricard, organisée par la fondation Karuna-Shechen, association humanitaire qu'il soutient depuis une dizaine d'années.

Alors pourquoi et comment méditer ?

Premier temps, se rappeler la motivation à la source de l'exercice. Soulager la souffrance, la sienne bien-sûr, ce qui n'est pas le moindre des bénéfices, mais aussi celle des autres. La méditation est une technique d'entraînement de l'esprit, un outil qui vise à libérer la conscience prise dans le cercle vicieux de l'attachement, de la distorsion, du manque de discernement. Il suffit de regarder en soi ou autour de soi pour voir les dégâts causés par un déficit de conscience, par la colère, la haine, le vengeance, la jalousie, la peur, qui n'en sont que les conséquences.
Pratiquer la méditation demande le courage de sortir des automatismes, des distractions, pour entraîner sa conscience à mieux fonctionner.

Deuxième temps, travailler la clarté et la stabilité de l'esprit. En se concentrant sur sa respiration, la sensation thoracique ou abdominale, avec sa régularité de métronome, il est possible de focaliser son attention. Les pensées peuvent alors surgir dans le champ de conscience, provoquant l'agitation. Il suffit alors de les observer, de les laisser surgir puis disparaître, sans lutter, comme on regarderait un papillon apparaître, se poser sur une fleur puis s'envoler au loin. Se faisant, l'esprit progresse vers la pleine conscience. La même préparation peut être obtenue en se concentrant sur un objet, une pierre, une flamme, sur une image, une sculpture. En particulier, les bouddhistes aiment se concentrer sur une image de Bouddha, extérieure ou intérieure, et méditer sur son infinie compassion. Le même travail peut aussi s'accomplir lors d'une marche conscience.
Pour ce qui est de la posture, à chacun de trouver la sienne, ni trop lâche sous peine de céder à la torpeur, ni trop tendue, sous peine d'être trop agité. C'est comme accorder une corde de guitare.

Troisième temps, l'esprit étant disponible, il est maintenant possible de méditer sur 4 domaines incommensurables : l'altruisme inconditionnel, la compassion, la réjouissance et l'impartialité ou équanimité.
Pendant la méditation, diriger son altruisme, amour inconditionnel vers les êtres chers, pour élargir progressivement ce flot généreux vers l'ensemble des êtres et souhaiter la fin de leurs souffrances.
Pour la compassion, l'exercice est semblable, mais adressée cette fois-ci à des personnes en souffrance. De la même manière, en étendant la portée de votre compassion. La compassion va au-delà de l'empathie. Résoner avec les émotions des autres est la première phase, qui permet de partager la souffrance, mais ce n'est pas tout. Un exercice méditatif simple consiste à inspirer la souffrance des autres, comme si l'on aspirait leurs troubles, puis à expirer le bonheur, toute la compassion, un flot d'énergie bienveillante et généreuse pour aider à la transformation des autres.
La réjouissance consiste à célébrer le bonheur et la réussite des autres, le développement de leurs qualités, l'éveil de leurs potentialités. Cet exercice devient l'antidote de l'envie et de la jalousie.
L'impartialité est l'engagement de développer ces trois formes, altruisme, compassion et réjouissance, envers tous les êtres, sans distinction, qu'ils soient amis ou perçus comme ennemis. Matthieu Ricard rappelle qu'il ne s'agit en rien ici d'excuser des atrocités ou de les banaliser, mais simplement de souhaiter à ces personnes de connaître la libération des souffrances, causes de tant de violence et de destruction.

Quatrième temps, travailler la vision pénétrante. Percevoir l'impermanence en toute chose, en toute situation pour mieux vivre dans le flux de l'instant présent. Prendre conscience des projections, dérivées des attentes de l'ego, identifier les distorsions qui en résultent et les dissoudre dans la lumière, comme l'obscurité cesse au premier rayon de soleil. Comme l'a dit le poète Rilke : "Ne vous laissez pas abuser par la surface; dans les profondeurs tout devient loi."

Ce bref aperçu de la pratique méditative bouddhiste peut surprendre l'occidental. Ces thèmes ne sont plus abordés dans nos sociétés, sauf pour en rire, en moquant la naïveté qui s'en dégage. A tel point que Matthieu Ricard soulignait qu'après vérification, il s'avère que dans les études de médecine américaines, le mot compassion n'est pas prononcé une fois...! Inutile d'espérer un meilleur résultat dans la médecine française.
Pourtant, cette pratique de clarification de l'esprit, de maîtrise de soi et d'action juste envers la communauté rejoint une tradition occidentale qui me semble faire un certain retour : le stoïcisme.

Les plus récalcitrants se rassureront peut-être en apprenant que la pratique de la méditation est associée à de nombreux bénéfices pour la santé, dans les domaines cardio-vasculaires, en tant que traitement complémentaire des cancers ou d'autres pathologies chroniques lourdes et bien plus encore. Les études les plus récentes montrent des bénéfices à court terme, en quelques semaines de pratiques.

Enfin, le déficit de pratique et d'entraînement de nos états de conscience explique certainement pourquoi nous avons tant de mal à admettre la survenue d'états modifiés de conscience, comme nous le rappelle l'INREES qui aide à accueillir l'extraordinaire dans nos vies et qui était partenaire de la journée. Vous retrouverez d'ailleurs un article de Matthieu Ricard "Ne sous-estimez pas les pouvoirs de l'esprit" dans le numéro actuel de 2E, le nouveau magazine de l'INREES.

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Posté par Olivier Piazza le mai 17, 2009 à 11:14 PM | Apprendre la méditation avec Matthieu Ricard | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Développement personnel, Méditation

Le partage d'information au coeur de la performance d'équipe

La plupart des décisons sont désormais prises par des groupes ou des comités et non par des individus. En effet, un groupe est supposé décider de manière plus efficace qu'un individu isolé.
Est-ce toujours le cas ou bien l'efficacité de la prise de décision dépend-elle de facteurs précis ?
Dans quelle mesure le partage d'information impacte-t-il la performance d'équipe ?

Ces questions clefs sont à l'origine du travail de recherche mené par deux chercheurs américains, Jessica Mesmer-Magnus et Leslie DeChurch, qui ont réalisé une méta-analyse de 72 études indépendantes conduites au cours des 22 dernières années. L'étude vient d'être publiée dans le Journal of Applied Psychology.

Leurs conclusions montrent que l'intelligence collective est un art exigeant.
Le partage d'information est bel et bien un levier de performance collective. L'ouverture des débats favorise la cohésion d'une équipe tandis que le partage d'informations que tous les membres de l'équipe ne connaissaient pas a un impact positif sur la qualité de la décision.
Malheureusement, ce partage d'information est mal pratiqué.

"Les équipes possèdent un avantage informationnel sur les individus, en permettant l'expression de diverses expériences personnelles, points de vue culturels, domaines de spécialisation et formations initiales, ce qui constitue une base d'information riche sur laquelle appuyer des décisions. Pourtant, nos résultats confirment que, bien que le partage d'information soit important pour l'efficacité des équipes, les équipes ne réussissent pas ce partage d'information quand elles en ont le plus besoin."

Retenons quelques règles utiles à l'efficacité d'une réunion d'équipe :
- les groupes passent trop de temps à partager des informations déjà connues de tous au lieu d'explorer des sujets que peu connaissent, parfois un seul membre du groupe
- les groupes qui parlent le plus partagent moins d'informations. Les "bavardages" auraient-ils survécus à l'époque scolaire...;-)
- l'efficacité d'un groupe est meilleure s'il faut résoudre un problème de type déductif, que s'il faut chercher un consensus pour une décision
- la structuration de la réunion est importante pour que s'expriment toutes les voix
- installer un climat coopératif est de la pus haute importance pour que l'échange d'information puisse avoir lieu

La métanalyse est disponible sur le site de l'American Psychological Association
[Via BPS]

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Posté par Olivier Piazza le mai 15, 2009 à 12:04 AM | Le partage d'information au coeur de la performance d'équipe | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Dynamique humaine

Augusto Boal pour toujours

Augusto Boal, le fondateur du théâtre de l'Opprimé vient de disparaître, mais son oeuvre restera belle et bien ancrée dans le monde.
Le Théâtre Forum ou Débat théâtral, sa méthode, a diffusé dans le monde entier trouvant un accueil partout grandissant.
Parler est une chose, agir en est une autre.
C'est pour réduire cette fracture qu'Augusto Boal inventa ce mode théâtral dans son Brésil natal afin de mobiliser les opprimés, le peuple. De plus amples explications dans ce discours de son fils, Julian Boal, prononcé en 2006 à l'ENSBA.

Le principe : transformer des spectateurs d'une pièce en acteurs improvisés, pour les amener par le jeu à trouver les voies de la résolution de problèmes de société.

"Notre but n'est pas d'exhiber des émotions, mais de créer des fleuves en mouvement, de créer une dynamique“

Augusto-boal

Pour découvrir cet homme remarquable et si rare, je ne saurais trop vous recommander la lecture de ses livres :
- Le Théâtre de l'Opprimé
- Jeux pour acteurs et non-acteurs : Pratique du Théâtre de l'opprimé

Vous y découvrirez une telle intelligence de la dynamique humaine, une sagesse de l'action et tant de générosité.

Pour mesurer son impact et écouter la voix des français qui l'ont le mieux connu, je vous invite à lire cet hommage de Bernard Grosjean, Directeur de la compagnie Entrées de jeu avec qui nous avons le plaisir de travailler chez Togeth'art, convaincus que nous sommes mutuellement du potentiel éducatif du débat théâtral dans l'entreprise, en particulier dans les actions de sensibilisation. Bernard a été élève et proche de Augusto Boal.
Lire aussi le témoignage de Jean-Gabriel Carasso, autre membre éminent de l'école française de Boal.

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Posté par Olivier Piazza le mai 8, 2009 à 12:06 AM | Augusto Boal pour toujours | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Dynamique humaine, Mobilisation

Nos amis les cochons

Les pov' cochons ne sont pas à la noce en ce moment avec cette foutue grippe porcine, alors ayons une pensée pour eux avec une superbe vidéo où c'est le cochon la nouvelle star.

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Posté par Olivier Piazza le mai 3, 2009 à 12:05 AM | Nos amis les cochons | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Actualité, Coup de coeur

Quand les cartes deviennent émotionnelles

Nous avons l'habitude de consulter des cartes topographiques qui représentent les bâtiments, les infrastructures, les reliefs... mais finalement, ce qui nous intéresse le plus ce sont les émotions que de tels lieux peuvent susciter, de se sentir membre d'une communauté humaine vivante et interconnectée émotionnellement.

C'est ce qui a donné à Christian Nold, artiste designer, l'idée d'établir des cartes émotionnelles de lieux urbains, par exemple San Francisco ou Paris (autour de l'axe République-Père Lachaise)
La technologie est simple. Un capteur de conductance cutanée, fixé au doigt, une technologie aujourd'hui courante dans de nombreux outils de biofeedback, utiles pour la gestion du stress et autrefois pour des tests de vérité. Pour la petite histoire c'est Jung qui avait mis au point ce système pour observer les réactions émotionnelles de ses patients lorsqu'il prononçait certains mots. Une manière d'apporter un peu de mesure objective à la méthode analytique.
Deuxième outil utilisé, un simple capteur GPS.
Et voila, le tour est joué.

Vous vous promenez dans les rues de San Francisco et vos réponses émotionnelles sont enregistrées, donnant une indication de votre état, entre calme et excitation.
De retour au laboratoire d'analyse, les données sont chargées et vous commentez les différents états, apportez des explications biographiques. Un bouchon, la superbe vue sur un parc boisé, des piétons qui se battent dans la rue, un beau garçon au McDonalds...

Paris_Emotional_Map


Ces expériences sont présentées et enrichies de nombreux textes d'autres artistes dans un livre téléchargeable gratuitement sur Emotional Cartography.



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Posté par Olivier Piazza le mai 2, 2009 à 12:01 AM | Quand les cartes deviennent émotionnelles | Commentaires (2) | TrackBack (0) dans Emotions

Leçon de Leadership : Les 100 jours d'Obama

Obama_Barack et Michele 

Les media du monde entier se penchent sur le bilan des 100 premiers jours d'Obama. C'est la période usuellement reconnue comme significative et prédictive, par projection, de ce que sera le règne d'un dirigeant. On considère aussi que pendant cette période, l'élu bénéficie d'une sorte d'état de grâce qui le place au-delà des contingences immédiates.
Obama n'a pu s'offrir ce luxe. Il a du affronter la réalité en face : la crise bancaire et immobilière, la plongée de la bourse, les faillites des ménages, les quasi-banqueroutes dans l'automobile.
Au final, une contraction économique de la plus grande ampleur depuis la Grande Dépression.
Est-ce tout ?

Ce serait oublier les guerres en Afghanistan et en Irak, où il s'est engagé à retirer les troupes américaines de combat avant août 2010, les tensions avec Cuba, le Venezuela, la Russie ou l'Iran, avec qui il a su relancer le dialogue, sans oublier la nouvelle crise sanitaire de grippe porcine, le plan d'action en faveur des énergies renouvelables ou de l'éducation...

Ces 100 premiers jours sont donc certainement les plus complexes, depuis Franklin Delano Roosevelt, qu'un président américain ait eu à gérer.
Alors, quelles qualités Obama a-t-il mobilisées pour relever ce défi titanesque ?

1. L'éthique
Obama s'est employé à rapidement mettre en oeuvre les premiers actes confirmant qu'il tiendrait les engagements pris lors de sa campagne.

Pour sa cérémonie d'inauguration financée par les sponsors privés, il limite la contribution à 50.000 $ maximum, interdit le soutien des lobbyistes ou de syndicats et publie la liste des donateurs
Le 21 janvier, lendemain de sa prise de fonction, il gèle les salaires de son administration, rétablit le libre accès aux archives présidentielles et instaure le Freedom of Information Act pour la transparence de son administration. Il signe également un train de mesures encadrant le lobbying à Washington
Le 22, il annonce la fermeture de Guantanamo et fait interdire la torture dont Bush avait legitimé l'utilisation.
Par ces actes symboliques et néanmoins essentiels, Obama marque une rupture sur le plan de l'éthique personnelle des dirigeants.

2. L'ouverture
Après des mois de lutte acharnée contre sa rivale Hillary Clinton, Obama lui propose de rejoindre sa campagne, puis son administration.
De même, il garde Robert Gates à la Défense, pour bénéficier de son expertise sur les questions irakiennes et afghanes. Obama ne cache pas son admiration pour Abraham Lincoln et son fameux Team of Rivals. Lincoln qui avait réussi l'incroyable pari de devancer des candidats plus expérimentés que lui, leur offrit de le rejoindre dans son gouvernement.
Obama montre qu'il souhaite faire avancer la paix dans le monde par la voie de la négociation. En témoignent ses réconciliations avec Cuba ou le Venezuela et la reprise de discussions avec la Russie. Loin de la vision hégémonique de Bush, Obama restaure une vision multipolaire du monde.

3. L'énergie
Pour donner une forte impulsion à son mandat et surtout à l'économie américaine, il faut agir vite et avec énergie.
Obama et son équipe ont su se préparer pendant les 75 jours qui précédaient l'inauguration. Le temps d'étudier, de réfléchir, de prendre des avis, d'évaluer les différents scénarios...  avant de prendre les commandes opérationnelles et de foncer dans l'action. Ce modèle est à retenir pour la nomination des dirigeants qui, trop souvent, doivent consommer une part substantielle de leurs 100 premiers jours pour comprendre la situation dont ils héritent.
Dès sa prise de fonction, Obama a su impulser une dynamique exceptionnelle. De nombreux adversaires lui ont reproché de vouloir trop embrasser... et mal étreindre. Les faits n'ont pas joué en leur faveur.

4. La créativité
Sa campagne avait déjà brillé par une remarquable combinaison des outils web 2.0 et de son savoir faire d'organisateur de communautés. Le web au service du terrain. Obama utilise Facebook, YouTube, Twitter sans la moindre hésitation et range au placard l'image conventionnelle du Président "vieux notable hasbeen".
Aucune barrière mentale entre le président et les jeunes générations. Pour contrer les assauts des paparazzi, Obama rend public l'album photo de sa vie présidentielle sur Flickr.
Face à des contextes et des situations sans précédents, la créativité d'Obama sera l'une de ses armes les plus efficaces. Il n'aura nul besoin de chercher à se rassurer par de vieux schémas bien établis... qui n'auraient eu aucune chance de succès.

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Lire la suite "Leçon de Leadership : Les 100 jours d'Obama"

Posté par Olivier Piazza le avril 30, 2009 à 12:32 AM | Leçon de Leadership : Les 100 jours d'Obama | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Barack Obama, Leadership, Politique

L'efficacité des programmes d'entraînement cérébral

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Les jeux vidéo d'entraînement cérébral ont poussé comme des champignons sur les consoles Nintendo DS ou sur les iPhone, mais sont-ils efficaces ?

C'est ce qu'a cherché à évaluer Sherry Willis et son équipe de la Pennsylvania State University. Les résultats de l'étude ont été publié dans le JAMA, prestigieuse revue médicale. 

L'entraînement aux capacités de raisonnement des personnes âgées, de moyenne d'âge 73 ans, a montré une amélioration dans l'exécution des tâches de la vie quotidienne, contrairement aux deux groupes ayant stimulé leur mémoire ou la capacité à traiter rapidement les informations.
Néanmoins, chaque groupe a amélioré ses capacité sur la compétence spécifique entraînée et de manière durable. Les bénéfices cognitifs sont toujours présents 5 ans après les 10 sessions d'entraînement.

L'entraînement aux jeux de logique est donc vivement encouragé. Certes, il augmente les capacités logiques, mais ce n'est pas l'essentiel. En revanche, il ralentit le déclin des capacités nécessaires à la vie quotidienne des anciens et là, c'est capital !

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Posté par Olivier Piazza le avril 29, 2009 à 09:43 AM | L'efficacité des programmes d'entraînement cérébral | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Jeux video, Santé, Stimulation cérébrale

Que celui qui n'a jamais préjugé...

Susan BoyleLa vidéo qui fait le plus de buzz sur internet en ce moment (visionnées plus de 50 millions de fois !!! à ce jour) est cet extrait d'une émission anglaise Britains got Talent, style Nouvelle Star. 
Regardez, observez, écoutez la prestation de Susan Boyle visible uniquement sur Youtube (7mn)

Je trouve que c'est une leçon d'école sur la formation des préjugés !

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Posté par Olivier Piazza le avril 18, 2009 à 11:26 PM | Que celui qui n'a jamais préjugé... | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Développement personnel

Après le règne de la To-Do List, voici enfin la To-Stop List

C'est tellement évident qu'il suffisait d'y penser.

C'est sur le blog Illuminated Mind de Jonathan Mead que j'ai lu cette idée. C'est également l'un des chevaux de bataille de Leo Babauta sur son site Zen Habits ou dans son livre "The Power of Less". Son motto : Do less. Get more. C'est dans l'air du temps.

Comment pouvons-nous imaginer d'ajouter indéfiniment de nouvelles tâches dans ces fameuses To Do Listes. Aurions-nous une capacité de production personnelle illimitée ?
Vous allez me répondre que, fort heureusement, une fois qu'une tâche est accomplie, elle laisse de la place pour une suivante. Oui... évidemment, mais regardez autour de vous. Ne trouvez-vous pas que tout le monde est constamment débordé ? Les dossiers et projets ne prennent-ils pas en permanence du retard parce qu'il a fallu gérer d'autres priorités ?

Alors la To Stop List, c'est tentant !
Getting Things Stopped...

Premier usage : libérer du temps dans son agenda. Nous venons de le voir.
Pensez un instant que chacune de vos expériences façonne, sculpte votre cerveau, votre coeur et votre personnalité. Qui voulez-vous être ? Devenir ?
Revisitez alors l'organisation de vos journées, vous aurez peut-être soudainement l'envie de vous sculpter différemment. Attention, ce genre de gesticulation mentale nuit gravement à la TV...

Deuxième usage : changer de comportement. Ce n'est pas le moindre des défis actuels...
Que ce soit pour adopter des écogestes, cesser de perdre son temps en réunion, oser dire non face à l'avalanche de sollicitations, améliorer sa communication, revoir sa façon de critiquer les autres, ne plus raisonner exclusivement court-terme... que sais-je encore.

Toute démarche de progrès comportemental passe par l'abandon de vieilles habitudes usées et rapiécées et leur substitution par de nouveaux réflexes plus adaptés.
Le processus de transformation résulte de la combinaison d'une destruction et d'une création. C'est ce que décrit très bien le modèle des archétypes de Pearson-Marr, dérivé des travaux de Jung, dans lequel la transformation est symbolisée par le Magicien. Il ne s'incarne que lorsque deux autres archétypes ont été préalablement activés : le Destructeur, appelé aussi Rebelle, qui permettra de rejeter les modèles actuels et le Créateur, porteur du renouveau. Sans cette synergie, pas de Global Shift.

Finalement, cette combinaison reflète plus fidèlement les cycles naturels. Nous prenons conscience que la Croissance n'est pas infinie, elle appelle la Récession, la Consommation entraîne la Déconsommation...

Un dernier petit truc que je conseille pour réussir à arrêter un comportement gênant : se créer une sorte d'Alerte interne personnelle. Vous pouvez visualiser une lampe rouge clignotante ou une sirène d'ambulance ou tout autre signal personnel. Quand vous entrez dans ce comportement que vous souhaitez abandonner, au moment où vous franchissez le seuil, si vous êtes attentif votre alerte personnelle retentira intérieurement et vous pourrez immédiatement vous interrompre, quitte à laisser votre phrase en plan... et dire "non, rien... j'allais dire une bêtise" ou encore "oh, non, qu'est-ce que je fais, ça va pas du tout". A vous de trouver votre propre pirouette. C'est important l'agilité mentale.

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Posté par Olivier Piazza le avril 16, 2009 à 11:22 PM | Après le règne de la To-Do List, voici enfin la To-Stop List | Commentaires (2) | TrackBack (0) dans Développement personnel

Une plongée dans la conscience de David Lynch

J'avais récemment découvert la fondation David Lynch et l'intérêt qu'il porte pour la méditation et l'éducation des jeunes à la pleine conscience. Ca m'a donné envie de prolonger le voyage en compagnie de l'un de mes réalisateurs préférés. J'ai tant aimé Twin Peaks, Sailor et Lula, Blue Velvet, Elephant Man... et c'est ainsi que je viens de lire "Mon histoire vraie".

C'est le récit d'anecdotes personnelles de Lynch révélant l'originalité de son processus créatif. Il est stupéfiant de voir le rôle qu'il fait jouer aux intrusions créatives.
Le meilleur exemple : Souvenez-vous du personnage de Bob dont les apparitions terrifiantes et mystérieuses donnent à la série une intensité remarquable.
Je laisse David Lynch raconter comment le personnage s'est imposé dans le scénario :

TwinPeaks_Bob Sur le tournage de Twin Peaks nous avions un assistant décorateur qui s'appelait Frank Silva. Il n'était absolument pas prévu que Frank soit dans Twin Peaks. Mais nous étions en train de tourner dans la maison de Laura Palmer, et Frank était en train de déplacer des meubles dans sa chambre. Moi j'étais dans l'entrée, sous un ventilateur. Et une femme a lancé : "Frank, ne mets pas la commode comme ça devant la porte. Tu vas te retrouver enfermé dans la chambre."

Et j'ai eu cette vision de Frank dans la chambre. Je suis immédiatement intervenu pour demander à Frank : "Es-tu acteur ?" Et il a répondu : "Eh bien, oui, il se trouve que je suis acteur", parce qu'à L.A. tout le monde est acteur. A L.A. et peut-être dans le monde entier, d'ailleurs. Et j'ai dit : "Frank, tu vas être dans cette scène."

On a fait un panoramique de la pièce, deux fois sans Frank et une fois avec Frank figé au pied du lit. Mais j'ignorais à quoi cela allait servir et ce que cela signifiait.

Ce soir là, nous sommes descendus et nous avons tourné la scène où la mère de Laura Palmer est étendue sur le divan, en proie au chagrin et à la tristesse. Soudain elle visualise quelque chose et se redresse brutalement en hurlant. Sean, le cameraman, devait suivre son visage au moment où elle sursautait. Moi j'ai eu l'impression qu'il avait parfaitement réussi à saisir l'instant. Alors j'ai dit : "Coupez ! Parfait, magnifique !" Mais Sean a protesté :
- Non, non, non. Ca ne va pas du tout.
- Qu'est ce qui se passe ?
- Il y avait le reflet de quelqu'un dans la glace.
- Le reflet de qui ?
- De Frank.

"Mon histoire vraie" est également le témoignage de sa passion pour la méditation et de la pratique de la pure conscience. David Lynch introduit le sujet dans la préface en annonçant qu'il pratique la méditation depuis 33 ans et qu'elle a eu un rôle déterminant dans son oeuvre cinématographique et picturale, ainsi que dans tous les secteurs de sa vie.

David_Lynch_Mon_histoire_vraie Voici comment il décrit le processus de méditation : "A l'intérieur de chaque être humain, il y a un océan de conscience pure, vibrante. En méditation transcendantale, lorsqu'on transcende, on plonge dans un océan de conscience pure. On barbote dedans. On nage en plein bonheur. On vibre en même temps que ce bonheur. La conscience pure s'anime et devient plus présente au fur et à mesure qu'on en fait l'expérience, elle l'élargit. Elle commence à se déployer et à croître."

Pour conclure, une petite pensée de David Lynch, particulièrement adaptée à la période que nous traversons, riche en contraintes :
"Il y a des fois où les contraintes obligent à réfléchir davantage. Si on a de l'argent à ne plus savoir qu'en faire, on peut se détendre et résoudre à coups de dollars tous les problèmes qui se présentent. On n'a pas trop à se creuser les méninges. Mais lorsqu'on est financièrement limité, on trouve parfois des idées peu onéreuses, des trésors d'astuce.“

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Posté par Olivier Piazza le avril 15, 2009 à 12:32 AM | Une plongée dans la conscience de David Lynch | Commentaires (5) | TrackBack (0) dans Créativité, David Lynch, Livres, Méditation

Petits arrangements entre amis

La crise a révélé plus que jamais certains comportements déviants de dirigeants de grandes entreprises, c'est l'un de ses bénéfices les plus évidents.
Ce n'est pas qu'ils soient nouveaux, loin de là.
Ce qui a certainement le plus choqué, c'est leur déconnexion totale de la réalité, y compris de celle-même de leur entreprise qu'ils sont sensés sauver des eaux. Qu'elle est loin la métaphore du commandant quittant le dernier son navire... Si ces dirigeants étaient à la place du commandant célèbre pour son atterrissage sur l'Hudson River, leur réflexe serait de sauter en parachute doré, abandonnant les passagers vers leur triste sort !
Ethique, où es-tu ?

Dan Ariely, professeur de "Comportements économiques" à Duke University et au M.I.T. s'est intéressé à cette question depuis l'affaire Enron. Il a tenté de comprendre les différents facteurs qui influent sur la tricherie. Dans cette vidéo de TED, il raconte quelques unes de ces expériences.

Ses observations sont instructives :
- beaucoup de personnes trichent, mais pour de petits montants, même lorsque l'opportunité leur est donnée de tricher plus massivement. En limitant le montant du délit, ces personnes arrivent à garder intacte leur estime de soi et peuvent continuer à se regarder sereinement dans le miroir.
- si les règles morales sont rappelées, la tricherie diminue voire disparait. Qui ose affronter la Bible en face ? Du moins, pas aux Etats-Unis !
- lorsqu'une distance est créée avec l'argent, en le remplaçant par un système symbolique comme sur les places de marché, alors la tricherie augmente.
- si l'un des membres d'un groupe triche, alors les autres membres du même groupe d'appartenance tricheront davantage tandis que les membres d'un autre groupe tricheront moins.

Reprenez tous ces éléments et revisitez l'impact du comportement des dirigeants sur le reste de l'entreprise...
Vous mesurez alors l'ampleur du déficit de leur Leadership.

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Posté par Olivier Piazza le avril 10, 2009 à 12:46 AM | Petits arrangements entre amis | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Dan Ariely, Dynamique humaine, Leadership

La recherche du bonheur par François Lelord

C'est le sous-titre du livre "Le Voyage d'Hector" de François Lelord. On m'en avait parlé à plusieurs reprises et je ne sais pour quelle raison, je faisais de la résistance... jusqu'à ce week end, lorsque je le vis à une caisse de la FNAC.

Depuis, je l'ai lu avec plaisir. Le ton naïf, enfantin, que prend Hector pour accomplir son voyage initiatique est très plaisant. Il part en Chine, en Afrique et aussi dans un pays au bord de la mer où il fait toujours chaud et où on adore le silicone... Ca c'est ma tentative personnelle d'une description "à la Hector".

Cet Hector a du Petit Prince et de Zadig. Il voyage dans le monde à la recherche d'explications sur le bonheur et note, au fil de ses expériences, ses leçons de bonheur.

Alors, pourquoi cette naïveté est-elle si plaisante ?
Est-ce parce qu'elle ne donne aucun complexe, parce qu'elle incarne l'innocence que nous avons bien souvent perdue ?
Réponse d'Hector. Leçon n°5. "Le bonheur, parfois, c'est de ne pas comprendre."

Chemin faisant, gagnant en sagesse et en science du bonheur, Hector extrait la quintessence de ses leçons et définit les 5 familles de bonheur :
Deux bonheurs excités
- faire la fête, l'amour, prendre du plaisir
- travailler à quelque chose que l'on aime, vers un but désiré
Deux bonheurs calmes
- se sentir heureux, en se comparant aux autres ou à soi-même avant... ou sans se comparer du tout
- aborder la vie avec sérénité, avoir un angle de vue positif
Un dernier bonheur : le bonheur des autres
- se sentir utile aux autres, donner de l'amitié, de l'amour, faire attention aux autres, à leurs joies et à leurs malheurs aussi

Et Hector s'en retourne à ses occupations après son périple. Ah, je ne vous ai pas dit... Hector est psychiatre.

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Posté par Olivier Piazza le avril 8, 2009 à 07:47 AM | La recherche du bonheur par François Lelord | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Bonheur, Développement personnel, Estime de soi, Livres

Le courage d'être soi selon Jacques Salomé

IMG_0078 J'assistais jeudi dernier à la conférence de Jacques Salomé, organisée par l'INREES dans le magnifique amphithéâtre de l'Institut Océanographique. J'ai pris quelques notes qui me permettront de rapporter en vrac des points abordés lors de cette conférence sur "le courage d'être soi", un thème cher à l'auteur.

Pour Jacques Salomé, qui regrette que ces enseignements ne soient pas dispensés à l'école, pour réussir à être soi il faut apprendre à:
- s'aimer
- se respecter, savoir dire non, se définir soi-même et ne pas laisser les autres vous définir
Par exemple, si une personne vous adresse des paroles désagréables ou humiliantes, vous pouvez les lui retourner, réellement ou symboliquement en réécrivant ces mots sur un papier que vous renvoyez à la personne.
- se responsabiliser
- rester fidèle à soi-même

Une bonne manière d'y parvenir est de satisfaire nos 7 besoins :
- de se dire, avec les mots à soi
- d'être entendu, dans le même registre que ce que vous dites. Que vous parliez idées, ressentis, sentiments, croyances, émotions ou "faire", vous attendez de votre interlocuteur qu'il entende et vous réponde sur la même longueur d'onde.
- d'être reconnu, tel que je suis
- d'être valorisé, pour ce que je suis, plus encore que ce je fais
- d'intimité
- d'influencer et de créer
- de rêver

A la question, c'est quoi le bonheur pour vous ?
Pour Jacques Salomé, le bonheur est éphémère. Il est le fruit d'un double accord : l'accord interne, la congruence, lorsque ce que l'on fait, ressent, dit, pense sont en cohérence, et l'accord externe, avec les proches, avec son environnement. Lorsque les deux sont réunis alors le bonheur se manifeste.

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Posté par Olivier Piazza le avril 6, 2009 à 12:01 AM | Le courage d'être soi selon Jacques Salomé | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Développement personnel

L'approche centrée sur la personne par Carl Rogers

En naviguant sur YouTube, j'ai eu l'excellente surprise de découvrir cette vidéo de Carl Rogers, l'un de mes maîtres que je n'avais eu le plaisir de le rencontrer qu'à travers ses livres. Dans ce film, il expose les principes de base de son approche non-directive, centrée sur la personne.


En 7 minutes, Carl Rogers explique comment créer un climat, des conditions qui permettent le développement de la personne.

En quelques mots, les qualités essentielles sont :
- Congruence, transparence, authenticité
Réussir à être conscient de son ressenti intérieur, cela permet de garder une cohérence entre ce que l'on dit et ce que l'on ressent. Être intègre dans la relation, permettre à la personne de voir à travers soi, ne rien cacher.
- Acceptation inconditionnelle, assistance sincère, amour non-possessif
Ne pas juger, critiquer ou évaluer, ni en bien, ni en mal
- Empathie, Comprendre le monde intérieur de l'autre, voir avec ses yeux, ressentir comme elle, saisir ses réactions profondes
Attention, cela ne veut pas dire imaginer ce qu'elle pense. Les émotions d'une personne sont lisibles sur son visage, les pensées ne le sont pas. L'empathie est cette qualité qui permet de lire le comportement non verbal, posture, visage, ton...

L'ensemble de ces postures provoque le changement, permet à la personne de mieux ressentir et exprimer ses émotions, de les identifier, améliore l'écoute de la personne au regard de ses propres expériences, restaure sa souplesse et sa flexibilité.

Bien que cette vidéo soit consacrée à la démarche thérapeutique, on sait que ces mêmes indications clefs de l'approche centrée sur la personne s'appliquent à tout type de relation humaine, management, facilitation de groupes, coaching, parentalité, amitié, amour...

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Posté par Olivier Piazza le avril 2, 2009 à 12:43 AM | L'approche centrée sur la personne par Carl Rogers | Commentaires (2) | TrackBack (0) dans Carl Rogers, Développement personnel, Ecoute, Intelligence émotionnelle

Le Développement Durable en action

Earth Hour, c'est aujourd'hui. Ce soir, Samedi 28 mars, de 20h30 à 21h30, éteignez vos lumières !

Une heure c'est bien peu mais c'est un symbole. Un moyen de montrer que le sujet préoccupe un grand nombre de français, un moyen de donner aux politiques le courage d'agir plus rapidement et plus intensément. La Conférence de Copenhague qui se tiendra en fin d'année scellera les décision politiques des grandes nations pour les prochaines années. Les décideurs doivent savoir que l'opinion publique attend d'eux des décisions courageuses pour limiter le réchauffement climatique.
Une heure c'est aussi suffisant pour introduire un dialogue au sein des foyers, parler des actes du quotidien qui pourraient contribuer à limiter la consommation énergétique.

Pour en savoir plus sur cette opération initiée par le WWF et pour signaler votre soutien, vous pouvez vous inscrire sur le site de Earth Hour

Cette journée me donne aussi l'opportunité de vous parler du livre de mon ami Patrice Zana : 50 mots pour comprendre le développement durable.


Patrice_Zana_50_mots_developpement_durable Patrice est un poète, un créateur de jeu, un artiste. Enraciné dans son temps, il agit pour notre belle planète. Sa manière à lui, c'est d'enseigner dans le Master Développement Durable de l'ENSIATE, de conseiller les entreprises et de publier ce livre éducatif et ludique à la fois.
Tous les concepts essentiels sont développés sur une double page, agréablement illustrée et complétée par une citation éclairante.
Un must read !

La beauté, on sait que ça meurt, et comme ça on sait que ça existe
Louis-Ferdinand Céline

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Posté par Olivier Piazza le mars 28, 2009 à 02:56 PM | Le Développement Durable en action | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Coup de coeur, Developpement durable

Conférence de Jacques Salomé le 2 avril

Dans le paysage aux frontières incertaines du monde du développement personnel français, une star émerge : Jacques Salomé. Il en est l'auteur le plus prolifique, le plus traduit, le plus médiatisé.
Usant d'un langage simple et imagé, il rend la psychologie accessible à tous. Son domaine de prédilection : la relation interpersonnelle.
Il trouve les mots justes pour aider chacun dans sa quête d'amour et de bonheur. C'est un sage.

Jacques Salomé s'adresse à "tous ceux qui ne souhaitent plus vivre sur la planète TAIRE !" pour reprendre les mots de son site internet.

Si vous souhaitez vous rendre à la conférence organisée par l'INREES, achetez votre entrée en ligne (j'espère qu'il en reste...) sinon, allez-y très tôt. Stéphane Allix m'expliquait que pour la soirée de Thierry Janssen il avait été sincèrement embarrassé de refuser l'entrée à plus de 100 personnes..

Si vous y allez faites-moi signe ;-) C'est à 19h30 à l'Institut Océanographique, Paris, près du Panthéon.

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Posté par Olivier Piazza le mars 27, 2009 à 08:53 AM | Conférence de Jacques Salomé le 2 avril | Commentaires (0) | TrackBack (0) dans Actualité, Développement personnel

Une soirée avec Howard Bloom

Convié par Eric de Rochefort, je participais ce soir à une rencontre informelle organisée par la Société Francophone de Mémétique avec Howard Bloom qui, sur invitation de Pascal Jouxtel et d'Eurogroup, passait quelques jours en France.
Si vous ne connaissez pas Howard, jetez un oeil à sa biographie, ou bien à quelques lignes de ses livres, Le Principe de Lucifer ou Le Cerveau global, présentés sur le site de l'éditeur français, Le Jardin des Livres. Il vient de terminer le manuscrit de son quatrième livre qui sortira en novembre où il s'emploie à reconstruire une nouvelle vision du capitalisme. J'en ai commencé la lecture, c'est plus que passionnant.
Pour vous faire une idée de l'impact de ses livres, recherchez leurs critiques, vous constaterez rapidement qu'ils ne laissent personne indifférents !

Mais revenons à cette soirée avec Howard.

IMG_0809 Quel phénomène !
Pendant plus de 4 heures à peine entrecoupées de nos questions toujours plus avides, il nous a exposé ses conceptions de la création de l'univers, de la crise, de Dieu dans la machine... et bien plus encore, avec un art du récit comme je en ai rarement entendu.
Mais le plus intéressant était à suivre, le récit de ses jeunes années, celles qui ont décidé de son parcours. Ses coup de foudre pour William James et son livre fondateur sur la Variété des expériences religieuses, pour Albert Einstein également qui lui inspira la vocation d'écrire et de transmettre, sa fascination pour les scènes de transes extatiques de danseurs du film Orfeo Negro. Plus tard, son entrée dans le domaine de l'édition pour un magazine de poésie tout d'abord, puis d'un magazine de mode, puis la création d'un studio artistique, puis son basculement dans le monde du rock'n roll... et le retour vers la transe électrique cette fois-ci. Howard a ensuite été le "public relations" des plus grandes stars du mouvement rock/pop, Michael Jackson, Prince, Queen, Bette Midler, Billy Joel, Diana Ross, Simon & Garfunkel, AC/DC... avant de former un mouvement d'exploration de la psyché : la paléopsychologie.
Un phénomène vous dis-je !

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Posté par Olivier Piazza le mars 27, 2009 à 02:09 AM | Une soirée avec Howard Bloom | Commentaires (3) | TrackBack (0) dans Coup de coeur

Apprendre de l'expérience des autres

Confrontés à la perspective d'une nouvelle expérience, nous nous projetons dans le futur pour imaginer le bénéfice que nous en retirerons. Dans ce but, nous avons tendance à anticiper le bonheur futur sur la base de nos propres évaluations et jugements de l'événement à venir. Quoi de plus naturel !

Daniel Gilbert, professeur de psychologie à Harvard, est un spécialiste reconnu de la science du bonheur. Il vient de mener une étude, publiée dans Science, dont les résultats bouleversent les idées préconçues.

"Les gens ne réalisent pas quelle puissante source d'information l'expérience d'une autre personne peut être" déclare le Pr Gilbert.

Les chercheurs ont conçu une étude qui permette de comparer d'un côté des personnes qui se projetaient dans le futur sur la base de données informatives présentant l'événement à venir et, de l'autre, des personnes qui ne savaient rien de cet événement futur mais qui savaient uniquement combien des personnes inconnues l'avaient elles-même apprécié.

"Les gens pensent que le meilleur moyen de prédire combien ils seront heureux dans le futur est de découvrir en quoi consiste ce futur, mais ce qu'ils devraient chercher à savoir c'est en quelle mesure des personnes qui ont déjà expérimenté cette expérience future en ont retiré du bonheur."

Dans l'une des expériences, des femmes devaient prédire combien elles apprécieraient un "speed date" avec un homme. Certaines ne connaissaient rien de l'homme à rencontrer excepté le rapport d'expérience d'une autre femme qui l'avait déjà rencontré. Dans un autre groupe, des femmes pouvaient lire les informations décrivant le profil de cet homme et voir sa photographie.

Le groupe des femmes qui n'avaient accès qu'à l'expérience des autres fit de biens meilleurs pronostics de leur plaisir futur que celui des femmes qui disposaient des profils et photos.
Par erreur, les deux groupes pensaient que les meilleures estimations proviendraient justement de l'étude du profil et de la photo.

Je vous avoue que ces résultats ravissent l'équipe Togeth'art. Cela fait maintenant environ deux ans que nous avons initié nos enquêtes expérientielles, un procesus dans lequel nous interrogeons les salariés sur leur propre expérience relative à un sujet clef pour l'entreprise, pour ensuite partager toutes ces expériences et permettre à chacun d'apprendre de l'expérience des autres. Nous avons mené ces enquêtes à plusieurs reprises dans le domaine de la relation aux personne handicapées et de l'entrepreneuriat. Dans tous les cas, les témoignages recueillis sont sources d'enrichissements réciproques pour les collaborateurs et de dynamique humaine pour l'entreprise.

N'est-il pas grand temps de faire appel à la sagesse populaire ?

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Posté par Olivier Piazza le mars 26, 2009 à 08:53 AM | Apprendre de l'expérience des autres | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Bonheur, Dynamique humaine

Vrai sourire ou faux cul ?

Sourire 

L'art de la communication nous apprend à faire la distinction entre expression verbale et non verbale, pour progressivement faire le plus confiance à notre compréhension instinctive de la communication inconsciente, non verbale. Sur ce plan, impossible de cacher la réalité des sentiments ou des opinions.

Impossible, pas si certain...

Paul Ekman est l'un des meilleurs psychologues spécialistes de l'expression des émotions. En découvrant que les indiens de Papouasie Nouvelle-Guinée réussissaient à identifier les émotions de visages sur des photographies de toutes origines géographiques, ethniques et culturelles, il a identifié les émotions universelles. On les retrouve sur tous les visages, indépendamment de tout facteur culturel. Ces émotions sont la tristesse, la joie, la peur, le dégoût, la colère et la surprise. Par la suite, ses travaux l'ont amené à affiner cette liste.

Fort de cette découverte et de son observation du fossé qui peut exister entre ce que l'on dit et ce que l'on pense, Ekma s'est intéressé au mensonge et à leur détection sur le visage. Il cherche d'ailleurs à mettre au point un détecteur visuel de mensonge.

Et vous, saurez-vous distinguer un vrai sourire d'un sourire forcé ?
Faites le test "Spot the fake smile" sur BBC. Vous obtiendrez une indication intéressante relevant plus globalement de l'intelligence émotionnelle.
Une première astuce : surtout, ne réfléchissez pas.
Aucune aide à chercher de ce côté-là. Faites plutôt confiance à votre intuition, ce sera un bon entraînement.
Deuxième astuce : regardez plutôt les yeux que la bouche. C'est la clé. Lorsqu'une personne simule un sourire, son action consciente s'exerce sur le bas de son visage mais le haut la trahit...

Si vous êtes fortunés, passionnés ou motivés, vous pouvez même apprendre à mieux lire l'expression du visage avec l'outil développé par Paul Ekman, METT, Micro Expression Training Tool, pour la modique somme de 49 à 69 dollars. Sorry, je n'ai pas testé pour vous !

Alors, si vous devenez expert, vous saurez repérer les petits tricheurs...néanmoins, je crois qu'il ne faut pas négliger le sourire forcé. Bien que conscient et instrumental, il ne signifie pas toujours une duperie. Il peut indiquer la bonne disposition de la personne, prête à forcer consciemment son contentement pour vous faire plaisir ou pour montrer ses bonnes dispositions à votre égard.
En revanche, le manque d'authenticité de la personne peut vous amener à vous questionner sur son compte.
Pourquoi, ne pense-t-elle pas ce qu'elle dit ou ne dit-elle pas ce qu'elle pense sincèrement ?
Le crédit confiance se consume...

Pour aller plus loin, plusieurs livres de Paul Ekman sont disponibles en français :
- La voie des émotions, un entretien de Paul Ekman avec le Dalaï Lama
- Les mensonges des enfants : Comment les parents peuvent-ils encourager la sincérité de leurs enfants ?

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Posté par Olivier Piazza le mars 25, 2009 à 08:00 AM | Vrai sourire ou faux cul ? | Commentaires (1) | TrackBack (0) dans Communication, Intelligence émotionnelle, Test